Catégorie : Matériel
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Faut-il adopter les systèmes de lumière continue à leds ? (1e partie)
Comme éclairage artificiel d’appoint, en complément de votre appareil, vous utilisez généralement un voire plusieurs flashs cobra ou de studio. Avec l’arrivée de la vidéo sur les hydrides et reflex, la lumière continue s’est bien développée, le flash n’étant pas adapté pour filmer. Nous bornerons dans cet article notre propos à des solutions autonomes à leds adaptées aux reflex ou aux hydrides.
Lire également :
Notre sélection de systèmes d’éclairage à leds 1/2 (2e partie)
Notre sélection de systèmes d’éclairage à leds 2/2 (3e partie)
Les avantages des leds
Les diodes électroluminescentes (del) ou light-emitting diode en anglais (led) sont des composants de la taille d’une tête d’épingle capables d’émettre de la lumière. Les technologies OLED et AMOLED sont des dérivés utilisés par exemple dans le domaine des écrans plats d’ordinateurs ou de téléviseurs. Ces technologies sont en plein développement et constituent l’avenir dans le domaine de l’éclairage général. Contrairement à d’autres types d’éclairage à lumière continue, ils présentent en effet l’avantage d’une faible consommation en énergie. Celle-ci est inférieure aux lampes à incandescence et du même ordre de grandeur que les tubes fluorescents. D’autre part, le rendement lumineux des led blanches de dernière génération se révèle supérieur à celui des lampes à incandescence mais aussi à celui des lampes fluocompactes.
Les leds sont de petites tailles et peu fragiles. Leur durée de vie est beaucoup plus longue qu’une lampe à incandescence classique ou même qu’une lampe fluorescente. Elle est de 20 000 à 50 000 heures environ contre 5 000 à 15 000 heures pour les lampes fluorescentes, 1 000 heures pour les lampes à incandescence et 2 000 heures pour les lampes halogènes. Elles fonctionnement par ailleurs en très basse tension (TBT), ce qui est un gage de sécurité et de facilité de transport, contrairement au flash électronique. Enfin, les leds atteignent immédiatement leur intensité lumineuse nominale. Vu leur puissance, les leds classiques de 5 mm ne chauffent presque pas et ne brûlent pas les doigts.
Les inconvénients des leds
Dans un rapport publié le 19 octobre 2010, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (Anses) a constaté l’existence d’effets sanitaires potentiels liés à l’usage de certaines leds. Cette nocivité reconnue dépend principalement du taux d’exposition, de la durée d’exposition et de la puissance de l’éclairage. Face aux risques mis en lumière dans son rapport l’Anses fait plusieurs recommandations qui peuvent se résumer ainsi :
• Éviter le plus possible d’exposer les enfants ainsi que les populations sensibles à des lumières très bleutées.
• Réserver aux professionnels les produits à base de leds appartenant aux groupes 2 et 3 (les lampes à décharge par exemple).
Les leds de forte puissance coûtent plus cher et affichent un rendement lumineux plus faible.
Pour les montages de puissance supérieure à 1 W, il faut prévoir une dissipation de la chaleur (échangeur de chaleur, ventilation, etc.) sans quoi la diode sera fortement endommagée voire détruite du fait de l’échauffement. Une diode électroluminescente convertit en effet environ 20% de l’énergie électrique en lumière, le reste (80%) étant dégagé sous forme de chaleur. Quand elles chauffent, leurs rendements lumineux se dégradent également.
Quid de la température de couleur ?
La température de couleur détermine la température d’une source de lumière à partir de sa couleur. Elle se mesure en kelvins (K). Vous choisissez notamment votre balance des blancs en fonction du type de lumière, afin d’en tenir compte : soleil, nuageux, flash, lumière tungstène, etc. On dit alors d’une source lumineuse qu’elle est « chaude » ou « froide » selon la couleur de l’éclairage qu’elle diffuse. Plus une lumière est froide et plus sa température de couleur est élevée. Un ciel bleu pourra ainsi se situer entre 9 000 et 10 000 K. À l’opposé, plus une lumière est chaude et plus sa température de couleur est faible. Par exemple, le lever et coucher du soleil se situent autour de 2000-3000 K. Le plus souvent, les torches à leds sont équilibrées à la température de couleur de la lumière du jour (entre 5 000 et 6 000 K). Les anciennes générations de leds posaient des problèmes de stabilité. Leur échauffement après une trentaine de minutes faisait le plus souvent varier la température de couleur. Cette variation est surtout gênante en vidéo. En photo, il est plus facile de corriger la balance des blancs après coup. Les torches à leds de dernières générations offrent une température de couleur relativement constante dans le temps.Quels critères de choix pour une torche à leds ?
Parmi les critères de choix à retenir en priorité pour une torche à leds figurent :
• un variateur de puissance intégré
• un diffuseur pour adoucir la lumière
• une autonomie adaptée
• la possibilité d’utiliser un adaptateur secteur si vous comptez l’utiliser souvent en intérieur
• un modèle avec rotule et fixation sur griffe porte accessoires
• un minimum de 48 leds pour procurer une intensité lumineuse adaptée à votre utilisation
Grâce à un système à charnières, il est possible de combiner plusieurs torches à leds pour réaliser un panneau d’éclairage plus ou moins grand selon ses besoins. Cela permet d’augmenter l’intensité et la couverture lumineuse. Le fabricant Metz propose également un système de bras articulé pour monter deux torches à leds secondaires sur une torche à leds principale.
Il existe même des produits associant un mode flash en plus de la lumière continue. Vu les prix élevés et les nombres guide (NG) relativement faibles, il reste préférable, à notre avis, de recourir à un flash lorsque vous avez besoin d’une forte intensité lumineuse.Quelles utilisations ?
La torche à leds est indispensable en vidéo reflex (HDSLR) quand vous manquez de lumière. En vidéo, on la nomme couramment une « minette ». Elle est aussi intéressante à utiliser en photo comme lumière d’appoint. L’idéal étant de trouver un juste équilibre entre lumière du jour et artificielle afin que le rendu reste naturel. Pour cela, veillez à bien régler l’intensité au moyen du variateur de puissance afin de ne pas brûler vos images. Nous vous conseillons également de l’utiliser avec un filtre diffuseur (blanc) pour obtenir une lumière plus douce. N’hésitez pas enfin à vous en servir en macro pour des photographies de nature morte ou de petits objets.
Une torche à leds est aussi intéressante à employer pour réaliser des portraits. Auquel cas, un modèle annulaire à leds est tout indiqué. Sa lumière chaude et naturelle avec un effet « ring light » vous évitera les yeux rouges et les ombres disgracieuses. Contrairement aux anneaux lumineux qui se fixent sur les optiques notamment pour la photo, le modèle RL48B de Rotoligh a été conçu de manière à être fixé directement sur la bonnette des micros de type « Shotgun » directionnels utilisés en vidéo avec reflex. Il peut également se monter sur la griffe porte accessoires de votre boîtier comme une majorité des modèles.
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Pourquoi les flashs TTL pour boîtier argentique sont-ils incompatibles avec les reflex numériques ?
Suite au dossier "Comprendre et maîtriser le flash", publié dans Compétence Photo n°33, actuellement en kiosque, un lecteur, Pierre D., nous a fait part de ses remarques : "Dans votre article, vous mentionnez que "On peut produire un éclairage similaire avec une simple feuille de bristol située sur la tête du flash". Le flash 283 de Vivitar permettait d’y fixer un support en tôle (livré en option) qui venait chevaucher les extrémités latérales de l’axe de pivotement. Sur ce support on encastrait une charte de gris Kodak (plusieurs cartes livrées avec le support) dont la face blanche était utilisée en tant que réflecteur. Nous avions là une source réflectrice, à 45°, de grande dimension et qui donnait des résultats probants sur des sujets proches. Il suffirait à un accessoiriste, et pourquoi pas Vivitar, de reprendre cette idée pour un modèle standard qui, par pincement ou emboîtement, s’adapterait à la plupart des cobras. La charte Kodak pourait être avantageusement remplacée par du carton plume. Pour ceux qui possèdent un réflecteur "casquette", le carton plume (coupé à la taille de la charte Kodak) pourrait être collé sur la casquette en y ménageant des encoches pour laisser passer les "oreilles" (ces oreilles étant rigidifiées par introduction de carton)". Pierre D. nous pose également une question intéressante : "Pourriez-vous m’expliquer pourquoi un flash prévu pour l’argentique (exemple le SB-25 Nikon), ne peut fonctionner en TTL sur un boîtier numérique ?"L’évolution des normes TTL
Les indications de ce lecteur sur les réflecteurs possibles pour les flashes sont judicieuses. Il existe en effet de nombreuses méthodes pour élargir la source flash et produire une lumière plus douce, et les fabricants cherchent les bonnes solutions. Avec les modèles cobras, il est important que le réflecteur reste transportable. C’est pour cela que l’ingénieuse méthode de Vivitar n’a pas été copiée, à ma connaissance. Pour ma part, j’utilise souvent des plaques de plastique découpées dans des classeurs souples, ou encore du carton plume mince ou du PVC blanc. Je fais tenir la plaque sur le flash avec du Velcro adhésif.
J’ai évoqué dans le dossier sur le flash la question que le lecteur pose à propos des flashs TTL argentiques qui ne fonctionnent pas en numérique, mais sans donner de référence de modèles de flashs. Il y a deux solutions principales pour le TTL au flash :
• La première est directement héritée des flashes à computer. La seule différence est que la cellule photoélectrique, au lieu de regarder directement vers le sujet depuis le flash, est installée dans l’appareil photo, au fond du boîtier et elle regarde vers le film. Pendant l’exposition de la photo elle mesure la lumière renvoyée par le film et coupe l’éclair lorsque la lumination est suffisante. Le problème de ce dispositif est qu’il se limite à une mesure de type pondéré central et qu’il n’est pas adapté pour les capteurs d’appareils numériques qui ne présentent pas la même réflexion diffuse qu’un film.
• La seconde méthode, universellement utilisée aujourd’hui, a vu le jour en 1995, si ma mémoire est bonne, avec le Canon EOS 50E. Avec cet appareil est sorti le flash 380 EX qui inaugurait le mode E-TTL. Au lieu de doser la durée de l’éclair pendant l’exposition, ce système émet un pré-éclair calibré, envoyé par le flash juste avant que le miroir ne remonte. Celui-ci est analysé par la cellule principale de l’appareil (celle qui mesure la pose en lumière continue) située à la sortie du prisme. L’ordinateur associé à la cellule calcule les réglages qui seront nécessaires (durée de l’éclair, valeur du diaphragme, éventuellement sensibilité ISO) en fonction de ce qu’a reçu la cellule. Ce système présente de nombreux avantages, dont le plus important est de permettre un dosage efficace entre flash et lumière ambiante.
• Une évolution plus récente de ce dernier dispositif associe la distance de mise au point au calcul de l’exposition pour éviter les aberrations liées à la réflectance du sujet. En effet un sujet clair risque d’être sous-exposé, et un foncé surex.. En pondérant la mesure faite par la cellule avec un calcul basé sur la distance du sujet, le système améliore les résultats. Chez Canon cette évolution s’appelle E-TTL II. Chez Nikon un dispositif similaire existe depuis l’arrivée de la dernière génération de flashs i-TTL apparue avec le D2 H et le D70 (2003-2004) : les SB600, SB800 etc. Pour que cette solution fonctionne, il faut bien sûr que l’appareil photo soit muni d’un objectif qui transmet l’information « distance de prise de vue » au boîtier.
Chez Nikon il y a eu une évolution un peu plus complexe entre le TTL simple des reflex argentiques (sauf le F6) et le i-TTL : le D-TTL. Le système fonctionne à partir d’un pré-éclair qui est mesuré par une cellule placée au fond du boîtier, comme pour le TTL simple. La lecture de l’information « lumière réfléchie par le sujet » se fait, après relevage du miroir, sur l’obturateur peint en gris. Les appareils concernés par le D-TTL sont les D1 (D1, D1H, D1X) et le D100. Mais aussi les D2 qui sont à la fois D-TTL et i-TTL. Les flashes D-TTL sont les versions à suffixe DX (SB-28 DX, SB-50 DX, SB-80 DX).
La non compatibilité des flashs TTL entre argentique et numérique vient des problèmes de réflexion du capteur. On avait pu s’en rendre compte sur les premier reflex numériques de Kodak qui s’installaient dans des évolutions de Nikon F3, F4 ou de Canon EOS 1N (DCS 100, 460 etc.).
Ces appareils n’étaient pas fiables en flash TTL et on avait même des problèmes de reflets des lentilles arrières de certains objectifs sur le capteur.
Autre souci, la cellule du fond de boîtier qui regardait vers le film sur les reflex argentiques ne pouvait pas faire mieux que de la mesure pondérée central. C’est pour cela que Canon (il faudra tout de même que je vérifie si ce n’est pas Minolta qui a commencé ; il avait aussi des flashes TTL très évolués) a eu l’idée d’utiliser un pré-éclair sur l’EOS-50E et les suivants, pour pouvoir mettre en œuvre la cellule de mesure de la lumière continue située à l’arrière du prisme.
Je connais le flash Vivitar auquel vous faites référence, et effectivement son système de fixation par les « oreilles » est astucieux. Cela dit, le problème de tous ces systèmes reste le transport dans le fourre-tout. C’est pour cela que j’utilise le plus souvent une casquette qui est une peu moins efficace mais s’installe avec du Velcro et se range facilement dans une poche. Ces systèmes de réflecteur ou diffuseur ne sont en effet efficaces qu’à courte distance. Au delà de 3-4 m, il vaut mieux utiliser le flash en direct (économie de batterie, recyclage plus rapide).
En espérant que cela éclaire un peu mieux ce domaine complexe que les fabricants n’ont pas toujours bien expliqué. Dans le prochain article sur le flash, je parlerai entre autres des modes multi-flashes et des solutions BL et FP. Il y a de quoi raconter !Compétence Photo n°33 : Maîtriser le flash
Un flash cobra n’est providentiel qu’à l’unique condition de bien savoir s’en servir. Raison pour laquelle nous vous proposons une série de dossiers consacrée à la compréhension et à la maîtrise de ce précieux accessoire. Au programme de ce premier volet : le principe de fonctionnement d’un flash et la maîtrise de la directivité de la lumière, au moyen notamment de différents modèles de diffuseurs et réflecteurs.
Un dossier de 20 pages réalisé par Xavier de la Tullaye, publié dans Compétence Photo n°33 (mars/avril 2013), actuellement en kiosque.
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Le capteur plein format pour (presque) tous ?
Depuis peu sont arrivés sur le marché des reflex de gamme intermédiaire (autour de 2000 €, voire moins) équipés de capteurs plein format, c’est-à-dire d’une taille équivalente à celle des anciens films 35 mm argentiques, mesurant 24×36 mm. À l’origine, ce type de capteur était réservé aux modèles experts et professionnels, plus onéreux. Mais c’est à l’occasion de la dernière Photokina, en septembre 2012, que les deux géants japonais ont annoncé le lancement de modèles plein format plus abordables, les Nikon D600 et Canon EOS 6D.
À titre de comparaison, les reflex d’entrée de gamme possèdent le plus souvent des capteurs dits APS-C, d’une taille réduite, de l’ordre de 22×15 mm. Autrement dit, la surface d’un capteur plein format est plus de 2,5 fois supérieure à celle de la surface d’un capteur APS-C. À la prise de vue, cette différence impacte notamment l’angle de champ de vision, en appliquant un coefficient multiplicateur (ou de conversion) sur la valeur de la focale utilisée. Ce coefficient est lié à la taille du capteur équipant le boîtier.
Voici ci-dessous deux schémas indiquant les différentes tailles de capteurs en fonction des constructeurs et des modèles, ainsi qu’un tableau rassemblant les coefficients multiplicateurs correspondant au type de capteur.
Faut-il se laisser tenter ?
Faut-il se laisser tenter par ces reflex plein format devenus abordables ? Bien sûr, on ne peut que se réjouir qu’une technologie se démocratise et devienne enfin accessible. Du point de vue des fabricants, il est nécessaire de proposer en permanence des nouveautés afin d’inviter les photographes à renouveler plus régulièrement leur matériel. Par ailleurs, le marché des appareils reflex se voyant aujourd’hui concurrencé par les appareils à objectifs interchangeables, dits hybrides (surtout ceux équipés de capteurs APS-C ou micro 4/3), le plein format devient dès lors un argument différenciant entre reflex de gamme moyenne et hybrides haut de gamme.
On entend souvent dire que « plus le capteur est grand, plus il est meilleur ». Il faut bien comprendre que la qualité de l’image dépend certes du nombre de photosites présents sur le capteur mais également de leur taille. Prenons l’exemple des Canon Eos 6D (plein format) et Eos 7D (APS-C). Si leur nombre de pixels est comparable (20,2 Mpx contre 18 Mpx), la différence de taille entre les deux capteurs contribue à l’obtention de plus grands photosites sur le modèle Eos 6D, garants d’une qualité d’image optimale.
Un capteur plein format favorise par ailleurs une meilleure gestion du bruit électronique.Question d’usage
L’intérêt de passer au plein format dépend en bonne partie de l’usage du photographe. Une bonne question à se poser est de savoir si vous allez utiliser cet appareil à son plein potentiel et tirer le meilleur parti de l’investissement consenti. En photo animalière, par exemple, le coefficient multiplicateur (par exemple 1,5x) du capteur APS-C est généralement apprécié car il nous rapproche du sujet et rend par la même occasion les longues focales plus abordables. En utilisant un zoom 70-200 mm f2.8 sur un capteur APS-C coefficient 1,5x, vous obtenez ainsi l’équivalent d’un 140-300 mm. Un avantage de taille quand on sait qu’un téléobjectif 300 mm f2.8 coûte plusieurs milliers d’euros, selon les marques.
Notez que certains reflex équipés de capteurs plein format autorisent désormais le recadrage au format d’un capteur APS-C. Le Nikon D600 possède notamment une telle option de recadrage automatique au format DX (APS-C), avec un coefficient multiplicateur de 1,5x. Bien sûr, à relativiser en fonction de la densité de pixels des capteurs. Malgré des atouts certains, son équivalent en gamme chez Canon, l’Eos 6D, ne permet pas cette opération. C’est un des éléments à considérer si vous êtes tentés par le plein format et que vous évoluez dans la photo animalière. À noter enfin qu’à cadrages identiques, le fait de devoir s’éloigner du sujet (capteur APS-C) change singulièrement la perspective.
À l’inverse, si vous privilégiez la photographie de vastes panoramas au grand-angle, un boîtier plein format offrira une couverture plus large que celui d’un modèle APS-C, avec le même objectif. Les portraitistes préfèrent également le plein format en raison de l’incidence sur la profondeur de champ. Rappelons que la profondeur de champ dépend de trois facteurs : l’ouverture, la distance du sujet et la longueur de la focale. Votre sujet se détachera toujours mieux sur un fond bien flou.
Côté budget, ne rêvez pas trop. Même si le plein format devient aujourd’hui plus abordable, la somme globale à investir reste conséquente. En effet, profiter d’un capteur plein format avec des optiques de piètre qualité ne présente qu’un moindre intérêt. De plus, avec des objectifs d’entrée de gamme, les aberrations chromatiques risquent d’être accentuées aux grandes ouvertures. Notez par ailleurs d’éventuels problèmes d’incompatibilité matérielle, nécessitant le cas échéant un renouvellement de votre parc optique. Ainsi, la gamme EF-S de Canon, spécialement conçue pour capteur APS-C, se révèle incompatible avec les capteurs plein format. Du côté de Nikon, la monture Nikon F est universelle, autorisant de fait l’usage sur un plein format de tous les modèles de la gamme d’objectifs Nikkor DX, spécialement conçue pour les capteurs APS-C. En revanche, le cercle-image produit par l’objectif Nikkor DX sera plus petit que celui produit par un objectif destiné au plein format (24×36), à moins que vous utilisiez une optique Nikkor DX avec un mode de recadrage automatique APS-C, disponible notamment sur le Nikon D600. -

Une base de données participative pour évaluer la durée de vie de son reflex
L’obturateur est une pièce maîtresse d’un boîtier reflex. Pour évaluer sa durée de vie, son nombre de déclenchements est souvent considéré comme un étalon. Dans le dossier pratique intitulé "Bien entretenir son matériel", paru dans Compétence Photo n°33 actuellement en kiosque, nous traitons notamment ce sujet et avons ainsi publié un tableau répertoriant le nombre de déclenchements moyen par modèle et par marque (Canon, Nikon, Sony et Pentax). Ces données ne sont en revanche que des valeurs indicatives, aucun fabricant ne garantissant à ce jour un nombre minimum d’appuis sur le déclencheur.
Pour compléter ce dossier, nous avons déniché sur le web une base de données participative particulièrement fournie, baptisée Camera Shutter Life Expectancy Database. Celle-ci collecte des données issues des utilisateurs sur le nombre de déclenchements de leurs boîtiers en cours de vie. La recherche s’effectue par fabriquant (Canon, Casio, Contax, Epson, Kodak, Konica, Kyocera, Leica, Nikon, Olympus, Panasonic, Pentax, Roch, Samsung, Sanyo, Sigma, et Sony) puis par modèle.
L’interprétation des données fournies
Lancé en 2007 à l’initiative du développeur web et passionné de photo Oleg Kikin, ce projet repose sur la communauté des photographes et le volontariat. Chacun peut y déclarer le nombre déclenchements atteint par son reflex encore en fonctionnement (shutter still alive) ou qui vient de rendre l’âme (dead). Chaque publication d’informations est identifiée par son auteur. Cette initiative présente néanmoins des limites, dont il faut avoir bien conscience. En premier lieu, une information ne doit jamais être interprétée de manière isolée. De plus, le contexte d’utilisation (conditions extrêmes extérieures, utilisation conforme ou non au mode d’emploi, etc.) n’est pas précisé, bien qu’il joue un rôle déterminant. On regrette l’absence de zone de commentaire lors de la déclaration. Enfin, certaines indications peuvent paraître farfelues, comme par exemple une durée de vie d’un unique déclenchement ! D’une manière générale, plus le nombre de déclarations pour un même modèle est élevé, plus la fiabilité des statistiques fournies est grande. N’hésitez pas ensuite à comparer les moyennes publiées aux données constructeurs officielles. Dans tous les cas, considérez les informations délivrées comme un indicateur à mettre en perspective.
À titre d’exemple, le fabricant Canon annonce 150 000 déclenchements pour son boîtier Eos 5D Mk II. D’après la Camera Shutter Life Expectancy Database, sur 728 déclarations d’utilisateurs à ce jour, le nombre moyen de déclenchements est de 168 870, avec l’obturateur encore en état de fonctionnement. Une fois ce dernier hors d’usage, la moyenne grimpe à 320 015. En détaillant les données, on constate que certains obturateurs ont lâché après 2800, 200, voire beaucoup moins de déclenchements, que 90,8% des appareils on atteint une fourchette entre 70240 et 155871, et enfin que sept boîtiers toujours fonctionnels affichent aujourd’hui plus de 3 780 118 déclenchements.
Aller plus loin
Pour connaître le nombre de déclenchement de votre boîtier, reportez-vous notamment à notre article en ligne : Combien de déclenchements a votre reflex ?
Tous nos conseils d’entretien de votre matériel présentés dans Compétence Photo n°33, actuellement en kiosque. -

Optimisez votre reflex grâce à la mire de Compétence Photo
Afin de vous aider à tirer pleinement profit de votre reflex, et dans le cadre du guide complet "Exploitez pleinement votre reflex", paru dans Compétence Photo n°32, nous vous proposons de télécharger la mire de test en haute résolution.
Pour télécharger le fichier, cliquez sur le lien ci-dessous :
TELECHARGER LA MIRE DE TEST
DECOUVREZ COMPETENCE PHOTO n°32 et le guide complet pour utiliser la mire de test. Tous les conseils y sont détaillés.
CONDITIONS D’UTILISATION DES MIRES : La mire de test contenue dans cette archive ZIP est destinée au seul usage personnel et dans le cadre exclusif des exercices proposés par Compétence Photo dans le numéro 32. En aucun cas, ces images ne sont libres de droits. Elles sont la propriété exclusive de leur auteur. Tous droits réservés. © Xavier de La Tullaye, pour Compétence Photo
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Testez vos objectifs (tableau de résultats et mires)
L’article du Compétence Photo n°30 (p 88 à 103) sur les tests d’objectifs donne une méthode qui se veut simple pour tester appareils numériques et objectifs. Elle est intéressante si elle permet de comparer des résultats. C’est pour cela que nous avons publié un tableau donnant des exemples de performances de différents modèles d’appareils numériques. Ces comparaisons ne portent que sur le pouvoir séparateur de l’ensemble boîtier-optique. D’autres éléments entrent en ligne de compte dans la qualité de l’image, notamment le rapport signal sur bruit. Nous aurons certainement un jour l’occasion d’en reparler.
En attendant le pouvoir séparateur est un bon moyen de prévoir la capacité d’agrandissement des fichiers produits par un système. Pour qu’une image en ton continu (constitué de niveau de gris et de couleurs progressant régulièrement, sans à-coups) soit satisfaisante, il faut qu’elle fasse 200 dpi (soit environ 8 points par mm, ou encore 4 cycles par mm sur un tirage observé au punctum proximum (distance minimum d’observation distincte ; on prend en général une moyenne de 25 cm). Pour une observation orthoscopique (restituant correctement la perspective), il faut se placer à une distance équivalente à la diagonale du format si la prise de vue est faite avec une focale normale. Tout cela nous conduit à choisir un format de 14 x 21 cm (homothétie 3:2), pour respecter ces conditions. Un tel agrandissement doit donc faire 1120 x 1680 pixels (1,9 mégapixels) pour être visuellement satisfaisant d’un point de vue définition. Pour des agrandissements de taille supérieure, on est censé se reculer proportionnellement pour conserver une observation orthoscopique. Donc la même définition de fichier pourrait suffire. Cependant il faut tenir compte du fait que l’on s’approche d’une image pour vérifier sa netteté. C’est pour cela que les fabricants ont augmenté beaucoup la définition de leurs appareils (et aussi pour permettre le recadrage). En oubliant parfois que cette caractéristique ne résout pas tous les problèmes.
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• Internet : pour l’acheter en ligne CLIQUEZ ICIRendement et efficacité
Les valeurs de pourcentage de résolution réelle par rapport à la résolution théorique sont instructives également. Leur comparaison entre elles renseignent sur la qualité optique, pour un même boîtier et sur l’efficacité du traitement du signal lorsque l’on compare des appareils numériques entre eux, munis de leur meilleure optique. Ainsi si l’on analyse deux appareils de même définition comme le Nikon D300 et le Nikon D700, ce dernier donne un meilleur pourcentage parce qu’il réclame moins de performance à l’objectif, grâce à ses photosites plus grands. Dans le tableau de résultat que nous joignons, nous voyons qu’avec le même (excellent) objectif 50 mm f/1,8 AF-S, le D700 parvient à une performance de 92 % alors que le D300 plafonne à 86 % de rendement.
Dans le tableau en question nous avons testé d’autres appareils et objectifs qui nous passaient entre les mains. Nous y observons les excellents scores du Canon EOS-1D X. Mais les records ne sont pas obtenus avec les optiques que nous aurions pu imaginer. Problème de réglage d’autofocus ?
Les Nikon haute résolution que nous avons testés : D4 et D800 obtiennent des scores moyens, bien que les tests aient été réalisés avec de très bonnes optiques. Nous avons remarqué sur plusieurs boîtiers Nikon de mauvais calages d’autofocus, ces derniers temps. Avec le D800 nous avons fait un essai intéressant : le même objectif à deux définitions : Large (36 mégapixels) et Medium (20 mégapixels). Nous observons que le rendement monte sensiblement, passant de 82 à 87 %, ce qui confirme que la définition maxi est exigeante en qualité optique.
Les essais réalisés avec le Pentax K5 attestent que l’optique de base 18-55 mm n’est pas un coupeur de cheveux en quatre, alors que le Tamron 18-200 mm f/3,5-6,3 est légèrement meilleur malgré sa plus grande amplitude de focales.
Avec l’hybride Sony Nex7, nous avons comparé le 18-55 du kit de base avec le 30 mm macro pour reflex Alpha, monté sur la bague d’adaptation LA-EA1. La performance est étonnamment moins bonne que les 72 cycles que nous avions mesurés avec la même optique montée sur le SLT Alpha 77.
Ces quelques essais montrent qu’il y a beaucoup d’enseignements à tirer de la méthode que nous avons détaillée dans le n°30 de Compétence Photo.
TABLEAU DE RESULTATS : pour télécharger le tableau en haute définition, CLIQUEZ ICILe choix du 24×36
Dans notre article nous avons rapporté les mesures de pouvoir séparateur à un format 24 x 36. Pour deux raisons. La première, historique. Le pouvoir séparateur des films et des optiques était très important sur ce format 24 x 36, moins sur les moyens et grands formats. Par exemple le meilleur film diapo, Fuji Velvia 50 est capable de séparer 160 cycles par mm. Sur un format 24 x 36, cela correspond à 7680 x 11520 pixels, soit 88,5 mégapixels. Malheureusement ces mesures sont faites en tirant une mire de définition par contact sous vide. Avec l’image formée par un objectif, le résultat est nettement moins bon : la moitié témoigne déjà d’une optique de qualité supérieure, ce qui conduit à environ 4000 dpi enregistrés sur le film. Ce chiffre explique au passage la résolution des scanners films, moyen et haut de gamme.
L’autre raison de notre choix du format 24 x 36 est que les bons capteurs actuels sont à ce format. Et, en face de la multiplicité des tailles de senseur, il fallait faire un choix, pour pouvoir comparer les résultats entre eux. Cela ne présente pas beaucoup d’intérêt du point de vue du pouvoir séparateur réel de savoir qu’un capteur 1/1,7" de 7,4 x 5,6 mm délivrant des clichés de 4000 x 3000 pixels a une résolution théorique de 270 cycles par mm. En revanche il est intéressant de savoir si ce capteur et l’optique qui lui est associée sont capables de percevoir des petits détails et de supporter l’agrandissement comme un capteur 24 x 36 de même définition qui ne fait théoriquement "que" 59 cycles par mm (c’est le cas du Nikon D700). Mesurer que le capteur 1/1,7 pouce et l’optique 24-120 mm (équivalent 24 x 36) qui lui est associé est capable de résoudre théoriquement 62 cycles par mm sur un format 24 x 32 (homothétie 4:3) et qu’il en sépare en pratique 48 me permet de faire des comparaisons intéressantes.
C’est vrai que plus le capteur est petit, plus l’optique doit fournir un pouvoir séparateur élevé. Mais justement les lois de l’optique font que plus la focale est courte plus il est facile d’atteindre cet impératif. Donc notre système fonctionne.
Nous aurions pu aussi bien faire tous les calculs et observations par rapport à un format d’agrandissement donné, par exemple 30 x 45 cm. Dans ce cas-là, nous ferons les calculs par rapport au format final. Un Nikon D700 avec son capteur de 4256 x 2832 pixels y produira en théorie 9,46 cycles par mm et en pratique 8,5 cycles. L’idée qui nous a fait choisir le 24 x 36 est une commodité par rapport à l’argentique et aux données historiques et par rapport aux capteurs plein format maintenant répandus. Quelle que soit la méthode employée, c’est la comparaison entre les données obtenues qui est intéressante.
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Téléchargements (mires et tableau de résultats)
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Testez vous-même vos objectifs grâce aux mires de Compétence Photo
Afin de vous aider à réaliser vos propres tests d’optiques, et dans le cadre du guide complet "Testez vous-même vos objectifs", paru dans Compétence Photo n°30, nous vous proposons de télécharger les mires de test en haute résolution.
Pour télécharger les fichiers, cliquez sur le lien ci-dessous :
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DECOUVREZ COMPETENCE PHOTO n°30 et le guide complet pour installer votre laboratoire de test. Tous les conseils (installation, lumière, accessoires, procédure de mesure, etc.) y sont détaillés.
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